par J.J. GERARDIN
La France est malade et
si nous ne nous réveillons pas maintenant elle sera bientôt dans un
coma dépassé.
Passons en revue les principales affaires qui ont émaillé ou émaillent
encore aujourd’hui notre quotidien.
LA JUSTICE
Il est bien rare que l’affaire d’OUTREAU ne soit pas l’objet
quotidiennement d’émissions de télévision, de chroniques ou de débats.
Des familles entières ont été brisées, des hommes ont été déshonorés et
le magistrat responsable de ce gâchis est toujours en activité.
Le crime atroce de la Vologne, dont un enfant fut victime et qui jeta
la suspicion sur des innocents provoquant un assassinat, n’est toujours
pas résolu et vient de rebondir à la suite de la découverte de traces
d’A.D.N.. Enquête bâclée par un juge d’instruction immature, mais
obstiné dans son impéritie, et qui ne fit l’objet d’aucune sanction.
Plus près de nous, Francis EVRARD, estampillé à sa sortie de prison
comme “dangereux, pédophile susceptible de récidiver”, remis en
liberté, sans avoir accompli les 27 ans de prison, auxquels il avait
été condamné pour viol, qui enlève un enfant et le viole. Remis en
liberté parce que le juge d’application des peines partait en vacance
et n’avait pas lu le dossier, laissant le soin à un autre magistrat de
décider à sa place.
Dysfonctionnement, inertie, fuite des responsabilités, opportunisme,
dans un monde où la séparation des pouvoirs est une illusion.
L’affaire CLEARSTREAM montée de toutes pièces par les déclarations de
deux paranoïaques, GERGORIN et IMAD LAHOUD, qui demandent aujourd’hui
pardon, manipulateurs et manipulés, confirment l’immixtion de
l’exécutif dans le judiciaire. Comment admettre qu’un Président de la
République, partie prenante, se porte partie civile dans un procès qui
vise à déstabiliser un adversaire politique. C’est de cela dont il
s’agit et ce ne sont pas les réquisitions opportunistes du Procureur de
la République, qui me feront changer d’avis, les prévisions de son
avancement allant vers leur concrétisation, puisqu’il est prévu qu’il
sera remplacé par le juge Philippe COURROYE.
Fresque glauque des moeurs politiques actuelles, après le Carrefour du
développement, l’affaire PECHINEY, ELF, les frégates de TAIWAN,
l’ANGOLAGATE qui incita PASQUA à “révéler” au cours d’une conférence de
presse, ce que tout le monde savait. Quelle pitrerie, bien triste image
de la démocratie.
NOS PRISONS
Savez-vous que BRUXELLES vient de sortir un document de première
importance qui s’intitule : “LES REGLES PENITENTIERES EUROPEENNES” et
qui indique l’évolution des règles carcérales. Il faut que les prisons
fassent bénéficier les détenus de moments de loisirs importants ; salle
de musculation, ping-pong, jeux de plein air, salle de jeux
polyvalents, piscine, lieux de rencontre. Les gardiens ne doivent plus
être armés ni posséder de menottes. Si ces mesures ne sont pas
respectées les détenus pourront attaquer en justice l’Administration
Pénitentiaire. Il est aussi prévu que ne seront pas exécutées les
peines inférieures à 2 ans.
LE FILS A PAPA.
“Montre-toi digne fils d’un Père tel que moi”’ (DON DIEGUE à RODRIGUE).
C’est un peu ce que SARKOZY a dû dire à son fils lorsqu’il l’a propulsé
comme candidat à la tête de l’EPAD. Nous sommes loin du compte, car en
effet ce brillant jeune homme qui a 23 ans est en 2ème année de droit,
qu’il redouble après avoir redoublé la 1ère année... une lumière en
quelque sorte !
Déplorable politique de tradition qui veut que dans notre pays, à
l’instar de certains Etats africains, les dynasties cherchent à
s’enraciner.
LA SECURITE
Il n’y a vraiment que Brice HORTEFEUX qui soit satisfait des
statistiques de l’action des forces de sécurité dans notre pays.
Les attaques contre les personnes augmentent, sur la voie publique et
dans les domiciles, alors que les effectifs des policiers ou des
gendarmes diminuent et que les missions qui leurs sont souvent
imparties ne sont pas essentielles : protection de personnalités,
gardiennage d’immeuble où réside un ministre ou sa maitresse,
chauffeurs, coursiers de Madame, etc. ...
Par ailleurs les policiers et les gendarmes ne se sentent pas soutenus
par leur hierarchie. Attention “...pas de vague” et le fait de rester
l’arme au pieds, lorsqu’il y a des manifestations qui troublent l’ordre
public, ne leur convient pas.
A Toulouse lors de la victoire de l’équipe de foot d’ALGERIE contre
l’EGYPTE, le drapeau français a été arraché de la Mairie, brulé et
remplacé par un drapeau FLN, enfin maintenant... Algérien ! Les forces
de l’ordre avaient reçu l’ordre de ne pas bouger.
A ce rythme, dans 10 ans la FRANCE sera maghrébine !
LES MINARETS
Je me contenterai de citer le Général DE GAULLE :
“Sur le plan ethnique il convient de limiter l’afflux de méditerranéens
et d’orientaux ; il serait souhaitable que la priorité soit accordée
aux naturalisations à des européens. La France est un Pays de race
blanche et de culture catholique et je ne veux pas que COLOMBEY les
DEUX EGLISES devienne COLOMBEY les DEUX MOSQUEES”.
L’AFGHANISTAN
Souvenez-vous, qu’au moment de la guerre d’Indochine, des enquêtes
avaient révélé que des munitions étaient sabotées dans des usines
d’armement, par des ouvriers communistes. Cette fois-ci les munitions
du FAMAS de calibre 5,56 sont de très mauvaise qualité, le commandement
l’a dit, le ministre le sait et que fait-on ?
Il en résulte que cette munition est moins précise et a une distance de
tir sérieusement raccourcie, mettant la vie de nos troupes en danger.
Les Ateliers GIAT, au Mans, qui les fabriquaient ont délocalisé et nous
sommes obligés de demander à des pays arabes de nous “rétrocéder” des
munitions que nous leur avions vendues lors des livraisons de FAMAS.
Monsieur OBAMA, prix Nobel de la Paix, qui s’était engagé à sortir de
l’AFGHANISTAN vient d’y envoyer 34 000 hommes de plus. Il aurait du
obtenir le prix NOBEL de la guerre. Il envoie à une mort certaine
un grand nombre de militaires, qui, qu’on le veuille ou non, quitteront
un jour ce pays sur une défaite. Le premier Ministre britannique le
suit, alors que 302 soldats de sa gracieuse majesté y ont déjà laissé
leur peau. Que va faire Monsieur SARKOZY ?
Tous les renforts possibles ne solutionneront pas ce problème car les
trafiquants du monde entier sont intéressés par les productions d’opium
et d’héroïne : 900 tonnes d’opium et 375 d’héroïne sortent chaque année
de ce pays et rapportent 65 milliards de dollars. Si vraiment nous
voulions mettre fin à cette guerre, il faudrait empêcher ces
drogues d’être raffinées sur place et de quitter l’Afghanistan, il
faudrait bombarder les plantations de pavots, mais aucun Chef d’Etat ne
donnera cet ordre. Assez d’hypocrisie, Messieurs.
L’ENSEIGNEMENT
Le 16 octobre dernier alors que des élèves, du Lycée GALILEE à VANNES,
manifestaient leur soutien aux combattants d’AFGHANISTAN et rendaient
hommage à ceux du 3ème R.P.I.M.A. qui étaient morts au combat, un
professeur des écoles, Madame Nadia Morel refusa de se lever lors de la
minute de silence, prétextant qu’elle était antimilitariste et
pacifiste.
Nous aimerions savoir quelle sanction notre brillant ministre de
l’éducation nationale a pris à son encontre. Il est vrai qu’il n’a
peut-être jamais suivi de cours d’histoire, lui qui veut les supprimer
en terminale S, et qu’il n’a jamais entendu parlé du devoir de mémoire !
Jean-Jacques GERARDIN
par P. MERCIER
L’IDENTITE FRANCAISE
par P. GROS-SUAUDEAU
Il est souvent dit que
s’interroger sur son identité, c’est déjà l’avoir perdue. Dans un
contexte de mondialisation et de construction européenne, d’immigration
massive que peut encore signifier le fait français ou être Français
pour quelqu’un ?
Samuel Huntington, dans son livre “Le choc des civilisations” écrivait
que les deux facteurs les plus importants qui déterminent un individu
sont la religion et la race. Pour Marx, c’était la classe sociale
donnée par sa position dans le système de production et pour le
philosophe Burke, l’identité nationale.
On constate donc la multiplicité des identités que l’on peut donner à
un individu. Dans notre société qui évolue de plus en plus vers un
magma de classes moyennes hybrides, la classe sociale semble moins
déterminante, d’autant plus qu’on assiste à un allongement de la durée
de la scolarité pour tous. Savoir et classes sociales sont moins
corrélés. Les autres facteurs (religion, race, identité nationale ou
régionale, ...) se renforcent par contrecoup.
Cette vision de l’identité est historisante et a changé au cours des
siècles et même des quarts de siècle. De Gaulle qui n’est quand même
pas si éloigné avait une vision ethnique de son “cher et vieux pays”.
Le dénouement de la guerre d’Algérie a en grande partie été lié à son
refus de mélanger les Français de métropole et les Arabes d’Algérie.
L’article de Max Gallo pour définir l’identité nationale est effrayant
de politiquement correct et de négation de l’identité française. Toute
conception charnelle d’un peuple français millénaire est niée ainsi que
toute historicité comme si cela était sale.
Il fait fi du jus sanginii qui existe pourtant dans le droit français
pour considérer comme français ceux nés à l’étranger de parents
français (de Giscard en Allemagne à Dominique de Villepin et le général
Morillon au Maroc...). L’idée d‘une filiation par le sang semble
heurter Max Gallo. La définition de l’identité française dans son
article est une définition ad hoc faite pour incorporer tout nouvel
émigré avec quand même cette “petite” peur d’un Islam radical en
insistant sur l’égalité des femmes et la laïcité.
Définir un français par l’école comme le répétait à l”envie aussi
François Mitterrand revient à dire que l’on devient français par
réception d’un savoir aseptisé contrôlé idéologiquement par un
Ministère d’Etat. C’est nier tout le savoir et la façon d’être transmis
par la vie, la famille, le village ou la petite patrie provinciale. La
laïcité n’est que la néantisation de toutes les croyances qui existent
“naturellement” chez tout individu. La laïcité n’est pas une valeur,
mais un vide créé de façon artificielle pour éviter momentanément des
conflits dans un lieu donné. Il ne faut pas “sacraliser” la laïcité
comme le font les laïcards. En définissant la laïcité comme un pilier
de l’identité, on gomme aussi avec bonne conscience tous les
antagonismes religieux qui se développent dans la société française et
qui seront un jour source de conflits.
Le seul élément qui possède une historicité, donné par Max Gallo est la
langue. Tous les autres points pourraient être appliqués à tout le
monde et à personne. Le Français est devenu un fantôme juridique.
Créer un arrière monde constitué d’abstractions est certes une maladie
bien française. L’identité française est avant tout liée à son
Histoire. La France a été la jonction du monde celte, gréco-latin et du
monde germanique. Dans le christianisme, il y a aussi la Grèce et Rome.
Toute notre culture a été façonnée et transmise de génération en
génération et nous en sommes les porteurs, parfois malgré nous.
Le plus grand porteur de cette culture est bien sûr ce peuple français
qui a traversé les siècles et les guerres. Il n’y a certes pas de
“race” française. Même Maurras, ce penseur du nationalisme français en
convenait dans son honnêteté et sa rigueur intellectuelles. “Ce pays
n’est pas un terrain vague. Nous ne sommes pas des bohémiens nés par
hasard au bord d’un chemin. Notre sol est approprié depuis vingt
siècles par les races dont le sang coule dans nos veines”. Il écrit
bien les races et non la race à la différence des nationalistes
allemands qui se sont pensés comme une race.
Le professeur Dupâquier soutenait la thèse que la population française
jusqu’au XXème siècle n’avait guère changé depuis le néolithique, les
invasions celtiques et germaniques n’auraient été dans le fond qu’assez
minimes (le type physique français serait donc plus Poulidor - ou
Pompidou - qu’Anquetil !).
Barrès insistait aussi sur 1’historicité d’une nation ou d’un peuple :
“Aux sources les plus intimes du “moi”, ce sont les grandes forces
issues du passé que l’on se trouve contraint de reconnaître”.
En termes heideggériens, l’identité nationale est celle d’un être jeté
dans une nation et dans le même temps la volonté affirmée d’un
être-au-monde-ensemble. Il y a à la fois un déterminisme à la Barrès
et/ou un volontarisme à la Renan. L’identité française ne se réduit pas
à une définition juridique qui ne fait en fin de compte que la
néantiser.
Patrice GROS-SUAUDEAU
Statisticien-économiste
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